Nouveauté À paraître

La Genèse de la Genèse

illustrée par l’abstraction,
de la création du monde à la tour de Babel

Les onze premiers chapitres de la Genèse présentés en français, en hébreu et en translittération.
Nouvelle traduction de l’hébreu, notes et commentaires de Marc-Alain Ouaknin.
Introduction de Marc-Alain Ouaknin. Préface de Valère Novarina.
1 volume sous coffret, au format 24,5 × 33 cm.

978-2-364371-02-6 2019

Ce livre est en précommande,
il sera livré à partir du jeudi 24 octobre 2019
230,00

Cet ouvrage ose le choix de la nouveauté, une expérience à laquelle invite toute l’histoire du monde, c’est-à-dire la vie même et l’élan vital qui la traverse. Marc-Alain Ouaknin

La grande rencontre

Les Éditions Diane de Selliers offrent depuis plus de vingt-cinq ans une lecture illustrée, éclairante, vivifiante, des textes fondateurs de l’humanité. La Bible était un rêve de toujours, qui a pris forme grâce à une éblouissante rencontre : celle de Marc-Alain Ouaknin, philosophe et rabbin, pour qui « traduire c’est révéler l’infini et la transcendance dont chaque langue est porteuse » (introduction de Marc-Alain Ouaknin), et des peintres de l’abstraction, pour qui « l’art ne reproduit pas le visible, il rend visible » (Paul Klee, Théorie de l’art moderne, credo du créateur, 1920).

Cazimir Malevitch, Cercle noir , vers 1923, huile sur toile, 105 x 105 cm, Musée d’Etat Russe, Saint-Pétersbourg

Texte millénaire, la Genèse et plus particulièrement ses onze premiers chapitres font partie de l’imaginaire collectif, de la création du monde à la tour de Babel en passant par l’Éden d’Adam et Ève, le déluge ou encore l’arche de Noé. Pourtant, ce nouvel opus de « La Collection » des Éditions Diane de Selliers propose de redécouvrir ce texte comme pour la première fois. La modernité de la traduction de Marc-Alain Ouaknin et la modernité des œuvres sélectionnées se répondent et se nourrissent mutuellement pour raconter en contrepoint le récit de la création du monde. L’ensemble offre un souffle, une contemplation et une méditation artistique autour de ce texte mythique.

Les textes

Hans Hartung, P1960-112, 1960

Le livre de la Genèse est le premier livre de la Torah et donc de la Bible. C’est un texte fondateur des traditions juive et chrétienne qui en attribuent l’écriture à Moïse. Les recherches exégétiques, archéologiques et historiques remettent en cause l’unicité de son auteur et présentent plutôt la Genèse comme une compilation d’un ensemble de textes écrits entre les VIIIe et IIe siècles av. J.-C.

La Genèse est constituée de cinquante chapitres. Nous nous intéressons dans notre ouvrage au récit des origines que content les onze premiers chapitres, qui pourraient se résumer ainsi :

1. La création du monde
2. Dans le jardin d’Éden
3. Le serpent et l’arbre
4. Caïn et Abel
5. Le livre des engendrements
6. La construction de l’arche
7. Le déluge
8. Le corbeau et la colombe
9. L’arc-en-ciel
10. Le peuplement de la terre
11. La tour de Babel

Georges Braque, L’Oiseau noir et l’oiseau blanc, 1960
Piet Mondrian, Jetée et océan 5 (mer et ciel étoilé), 1915
La traduction inédite des onze premiers chapitres de la Genèse par Marc-Alain Ouaknin

Marc-Alain Ouaknin, philosophe et rabbin, attaché à la richesse de la langue hébraïque et à la multiplicité des sens et des interprétations, présente une nouvelle traduction de la Genèse innovante, à la fois rigoureuse, riche et poétique. Interrogeant la signification des mots, il nous invite à relire la Genèse avec un œil nouveau et nous aide à mieux la comprendre. Respectant le rythme de la syntaxe hébraïque, il préserve toute l’authenticité de la langue biblique. Considérant ce texte comme un poème, il nous entraîne dans un récit onirique.

La reproduction du texte hébreu et de la translittération en miroir du texte français permet au lecteur d’apprécier la musicalité ancestrale du texte et de découvrir la beauté d’un alphabet. Ces trois versions du même texte dansent sur la page et dessinent une nouvelle abstraction en noir et blanc, entre plein et délié, entre vide et encombrement. Tel un metteur en scène, Marc-Alain Ouaknin joue des retours à la ligne pour faire valser, en trois temps, les mots et les sons. Parce que sa traduction est avant tout une traduction orale et vivante, il faut oser la lire à haute voix pour apprivoiser le texte, s’en imprégner et enfin se l’approprier.

Les notes de traduction, présentées en fin de volume, offrent une compréhension pas à pas des mystères qui foisonnent dans la Bible. Pourquoi le premier homme s’appelle-t-il Adam et la première femme Ève ? Quelle est la ruse mise en place par le serpent ? Que se sont dit les deux frères avant le meurtre d’Abel ? Dieu est-il vraiment ce Dieu colérique que l’on imagine si souvent dans la Genèse ? Quelle est la signification de l’arc-en-ciel ? Autant d’interrogations soulevées par le texte et auxquelles les notes de traduction de Marc-Alain Ouaknin apportent de lumineux éléments de réponse.

Pablo Picasso, Constellations, 1924
Wassily Kandinsky, Une courbe libre vers un point. Résonance de courbes géométriques, 1925.
Des interprétations innovantes

Les onze commentaires de texte, qui ponctuent chacun des chapitres, explorent des pistes de lecture pour expliquer ce texte millénaire. Marc-Alain Ouaknin propose des interprétations révolutionnaires.

Il rappelle notamment que ces onze premiers chapitres s’inscrivent dans un contexte géographique et historique clairement mésopotamien, première civilisation de l’argile à laquelle on doit des récits antérieurs à ceux de la Bible, l’épopée de Gilgamesh notamment, qui raconte, bien avant les Hébreux, le déluge et l’histoire de Noé. Les auteurs de la Bible se sont donc nourris d’une tradition ancienne qu’ils se sont appropriée pour proposer un texte riche en intertextualité et en symboliques que Marc-Alain Ouaknin décrypte pour nous.

La volonté de Marc-Alain Ouaknin est de déconstruire les clichés véhiculés par des siècles et des siècles de traditions, de traductions et d’exégèses. En s’appuyant sur l’étude des commentateurs, en particulier Rachi, l’un des plus grands, il met en évidence l’absence dans la Bible de certaines formulations pourtant devenues fameuses, comme « péché originel » ou « côte d’Adam » à l’origine de la création de la femme. Marc-Alain Ouaknin envisage également la Genèse comme un outil d’éducation pour les scribes mésopotamiens. Pour étayer cette hypothèse, il s’appuie sur l’ensemble des chapitres, chacun développant un point d’apprentissage. Le chapitre 5, celui des généalogies, cacherait ainsi une leçon de mathématiques où sont abordées l’addition et la soustraction avec les unités, les dizaines et les centaines.

Ellsworth Kelly, Spectre de couleurs disposé au hasard II, 1951

La construction de l’arche, au chapitre 6, offre un véritable traité de géométrie alors que les premiers chapitres, qui racontent la création du monde et de l’homme et de la femme, permettent d’aborder la question du masculin et du féminin. Le chapitre 9, avec l’arc-en-ciel, est l’occasion de commencer l’apprentissage des couleurs.

Au-delà de ces apprentissages très concrets, ces onze premiers chapitres se présentent comme un guide de vie philosophique et universel. Ils apprennent à l’homme les notions de liberté, l’importance du langage et de la poésie, de l’accueil de l’étranger, de l’éducation, de l’écoute, de la parole donnée, de l’amour de l'autre, de l’autre ou encore du travail. Ces onze premiers chapitres, lus avec Marc-Alain Ouaknin, nous aident alors à mieux vivre.

L'iconographie

L’art abstrait s’est imposé pour illustrer les onze premiers chapitres de la Genèse. Ce texte millénaire, dont la vitalité est libérée par la nouvelle traduction de Marc-Alain Ouaknin, « ouvre l’espace où se joue la pensée », selon la belle expression de Valère Novarina. Avec l’abstraction, les peintres nous font voyager dans ce même espace, ce lieu de l’invisible, suggérant l’ineffable.

Le recours à l’abstraction émane d’une « nécessité intérieure » pour Wassily Kandinsky, d’une contemplation longuement méditée des icônes pour Serge Poliakoff, d’une profonde ascèse pour Bang Hai Ja, ou de la volonté de « pénétrer le mystère du monde et percer les secrets métaphysiques » pour Barnett Newman. Spiritualités orientales, religions occidentales, ésotérisme et mysticisme ont inspiré, de diverses manières, de grandes figures de l’abstraction, des pionniers du début du xxe siècle, à l’instar de Hilma Af Klint, František Kupka, Kazimir Malevitch ou Piet Mondrian, aux artistes contemporains. D’autres artistes se sont davantage attachés à une « abstraction spiritualisante », cherchant surtout à créer une relation physique et méditative privilégiée avec le regardeur, pour le laisser faire l’expérience de l’absolu, du transcendant, à l’exemple de Mark Rothko dans la chapelle de Houston.

Lázló Moholy-Nagy, Explosions de couleurs, 1945.

Tous explorent le rapport de l’homme au sacré, aux mythes et à l’intensité des sentiments traversant le récit des origines. Par-delà les courants de spiritualité auxquels les artistes se réfèrent, l’abstraction offre au spectateur une possibilité d’évasion, de liberté d’interprétation puisqu’elle résiste à la compréhension et à la lecture immédiate que le figuratif impose. Face à une oeuvre abstraite, le spectateur peut librement aller au-delà de ce que le peintre a voulu exprimer et y trouver toutes les significations que sa propre sensibilité, son histoire, ses émotions et sa spiritualité lui insufflent.

Zao Wou-Ki.

Qualifiant ses propres traités de « nouveaux évangiles de l’art », Kazimir Malevitch, l’un des premiers à s’être engagé dans la voie de l’abstraction, affirmait que « la toile [devait] devenir l’endroit où l’intuition de l’artiste-créateur construit le monde ». Son Cercle noir, qui anime le coffret et la couverture du livre, accompagne le premier verset du récit fondateur.

La création du monde se médite ensuite en contemplant les oeuvres de Wassily Kandinsky, Pierre Soulages, Mark Rothko, Alexander Rodchenko, Paul Klee, Anna-Eva Bergman et Serge Poliakoff, tandis que les œuvres d’Yves Klein, de Raoul Ubac, Hans Arp, Ellsworth Kelly, Lucio Fontana ou Fabienne Verdier invitent à rêver les territoires de l’Éden. La construction de l’arche et le déluge se racontent en miroir des créations de Hilma Af Klint, Mark Tobey, Joan Mitchell, Lázsló Moholy-Nagy, Lee Ufan, Hans Hartung, Giacomo Balla et Georgia O’Keeffe. L’épisode de la tour de Babel clôt les onze premiers chapitres de la Genèse, avec Bang Hai Ja, Victor Pasmore, Victor Vasarely et Zao Wou-Ki.

Louise Bourgeois, Ode à l'Oubli

Les auteurs

Le traducteur

Marc-Alain Ouaknin est professeur des universités, philosophe, rabbin et coproducteur de l’émission « Talmudiques » sur France Culture. Auteur de plus d’une trentaine d’ouvrages traduits dans le monde entier, ses recherches portent sur les relations entre la pensée juive et la philosophie, la littérature, les arts et la psychanalyse.

La question de la traduction et son projet d’une nouvelle traduction de la Bible hébraïque qu’il mène depuis plus de 30 ans sont au centre de ses réflexions. On retiendra entre autres son importante Introduction à la nouvelle édition de la Bible de Samuel Cahen, Les Belles lettres, 1994 ; sa nouvelle traduction du livre du prophète Jonas dans la Bible des écrivains publiée par Bayard, 2001, en collaboration avec Anne Dufourmantelle et sa relecture ;  la supervision de la traduction du livre de Ruth de la nouvelle édition de la Bible en français courant, 2019 ; sans oublier bien sûr ses commentaires du Cantique des Cantiques, sept lectures poétiques , paru en 2016 chez Diane de Selliers, en collaboration avec Jean-Christophe Saladin.

Il est le co-fondateur avec Françoise-Anne Ménager, Emmanuel Dyan, et Jean-Jacques Krief de l’Institut Targoum/IRETS (Institut de Recherche et d’étude sur la Traduction des Textes sacrés.

Le préfacier

Comme Marc-Alain Ouaknin, Valère Novarina, virtuose de la langue, aime repousser les limites du mot. Il révèle dans sa préface les vibrations, les harmonies et les liens invisibles que nous avons tissés entre la Bible et la peinture non figurative. Poète, dramaturge et metteur en scène, Valère Novarina se consacre, en marge de la scène, à la peinture et au dessin. Son écriture et sa production plastique sont emplies de références au texte biblique, dont il est familier, ayant proposé une nouvelle traduction du livre du prophète Amos dans la Bible des écrivains publiée par Bayard (2001). La question de l’origine de l’humanité et du langage est au cœur de ses créations. Récurrente dans son oeuvre, la figure d’Adam ouvre et achève la pièce-fleuve Le Drame de la vie (1984), vaste cosmogonie qui rivalise avec la Genèse, égrenant les généalogies. Dans son théâtre, la langue, recomposée, rythmée comme une danse, fait advenir par la Parole un monde nouveau dans l’espace de la représentation.

La Genèse de la Genèse

230,00