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Le Bicentenaire de la photographie

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27 août 2026
À partir de septembre 2026 et pendant un an, la France célébrera le bicentenaire de l’invention de la photographie. Une vaste programmation d’expositions, de publications et d’événements est imaginée, pour mettre en avant les pratiques anciennes et contemporaines, à l’échelle de la France ancienne.
Nous vous proposons  de revenir sur l’histoire de l’invention de ce médium, qui a révolutionné les pratiques artistiques et sociales.

Le désir de reproduire le réel est préoccupation ancienne : dès l’Antiquité, plusieurs philosophes, comme Aristote ou le chinois Mozi, s’intéressent au phénomène de la camera obscura, un instrument optique qui permet d’obtenir la projection lumineuse d’un objet sur une surface plane. Ensuite, à la Renaissance, Léonard de Vinci dessine une boîte noire reproduisant le phénomène, et au XVIIIe siècle, les machines se multiplient qui reproduisent mécaniquement le travail des artistes.

À partir de 1816, Nicéphore Niépce, ancien révolutionnaire et inventeur basé à Nice, commence à s’intéresser aux procédés de reproduction des images. Il s’inspire de la lithographie inventée à la fin du XVIIIe siècle et effectue quelques tentatives pour reproduire sur du papier enduit de chlorure d’argent, des images projetées à l’aide d’une chambre noire. Ces premières réussites sont malheureusement éphémères, et les images ont aujourd’hui disparu : on ne les connait qu’à travers la correspondance de Niépce avec son frère. Finalement, Niépce a l’idée d’utiliser une plaque d’argent enduite de bitume de Judée, et au terme d’une exposition qui dure plusieurs jours, il réalise la toute première photographie réussie : Point de vue du Gras, datée de 1826 ou 1827 selon les sources. Il appelle son procédé « héliogravure », du grec helios (soleil).

Point de vue du Gras, Nicéphore Niépce

Les contours de l’œuvre sont aujourd’hui difficilement perceptibles. La photographie fut exposée comme une simple curiosité, sans effort de conservation, tout au long du XIXe siècle, avant de disparaitre de la circulation. Elle fut retrouvée par un historien de la photographie, l’américain Helmut Gernsheim, et est aujourd’hui visible dans le hall du Harry Ransom Center à Austin. Le mauvais état de la plaque rend la lecture de l’image et sa copie sur un autre support difficile, si bien que les reproductions dans les livres sont souvent retouchées

Cette première réussite est considérée comme la naissance officielle de la photographie, mais il faut encore attendre quelques années pour que le procédé se perfectionne et devienne accessible. Soucieux d’améliorer son invention, Nicéphore Niépce s’associe avec Louis Jacques Mandé Daguerre, un décorateur et homme d’affaires. Après la mort de Niépce en 1833, il améliore considérablement le procédé, jusqu’à réduire le temps de pose à quelques minutes. Le 19 août 1839, avec l’appui du savant et homme politique François Arago, Daguerre présente son « daguerréotype » à l’Académie des sciences et à celles des Beaux-Arts réunies. Son invention suscite également l’intérêt de la Chambre des députés, qui lui accorde une pension en échanges des droits de son invention : cet événement marque le début de la reconnaissance institutionnelle de la photographie.

daguerre nature morte
Nature morte, Daguerre

La majeure partie des archives de Daguerre ayant été détruites dans un incendie en 1839, on ne connaît à ce jour qu’une poignée de ses travaux, principalement des natures mortes et des vues de Paris. Le daguerréotype Boulevard du Temple, qu’il réalise en 1838, est considéré comme l’une des premières photographies enregistrant une présence humaine : dans le coin inférieur gauche, dans un Paris qui semble fantomatique ou abandonné, on distingue la silhouette d’un cireur de chaussures affairé aux pieds d’un client. En réalité, le boulevard du Temple était probablement très animé au moment de la prise de vue, mais le temps de pose nécessaire – alors de sept à vingt minutes – n’a pas permis de fixer sur la plaque les passants en mouvement, et seuls les deux personnages stationnant sur le bord du trottoir ont été immortalisés.

Découvrez le chef-d’œuvre de Victor Hugo et les débuts de la photographie (1826-1910) réunis dans un livre, un projet artistique que nourrissait le poète enfin réalisé.

Lire l’avant-propos de Diane de Selliers