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Jâmi
Nūr al-Dīn ʿAbd al-Raḥmān Jâmi (1414-1492) est l’un des derniers grands maîtres de la poésie persane classique. Né à Kharjerd, près de Jâm, dans le Khorassan — au nord-est de l’Iran actuel —, il doit à cette région son nom de plume. Il passe l’essentiel de sa vie à Hérat, capitale de l’Empire timouride, où se côtoient poètes, calligraphes, peintres et savants sous la protection du sultan Husayn Bayqara.
Érudit, théologien et mystique, Jâmi compose en persan comme en arabe et s’illustre dans presque tous les genres littéraires de son temps. Nourrie par la pensée d’Ibn ʿArabî et par l’héritage de Rûmi, sa poésie célèbre l’amour comme une voie de connaissance : derrière la beauté sensible se laisse entrevoir la beauté divine, et l’épreuve de la séparation devient le chemin d’une transformation intérieure.
Son œuvre majeure, le Haft Awrang, « Les Sept Trônes », réunit sept longs poèmes narratifs et didactiques, parmi lesquels Yûsuf et Zulaykhâ, Salâmân et Absâl et Leyli et Majnûn.
Composé en 1484, ce dernier reprend l’immortelle légende des amants séparés pour en révéler toute la profondeur mystique. Sous la plume de Jâmi, l’errance de Majnûn dans le désert devient celle de l’âme en quête de l’Absolu, tandis que Leyli incarne la beauté qui révèle l’Invisible.
Mort à Hérat en 1492, il exerce une influence durable de l’Iran à l’Inde, de l’Asie centrale au monde ottoman, et laisse une œuvre considérable.