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Alice vue par Alice

Une rebelle, une malicieuse, une autre curieuse et une dernière imaginative, ces quatre Alice se sont interrogées sur leur relation à l’héroïne d’Alice au Pays des Merveilles de Lewis Carroll . Tour à tour, elles nous dévoilent leurs réponses pleines d’esprit, d’humour et de fantaisie à travers ce questionnaire.


Pouvez-vous vous présenter brièvement ?


©Catherine GUGELMANN/Leemage /Éditions Acte Sud
©Catherine GUGELMANN/Leemage
/Éditions Acte Sud


Alice Ferney
 : De sexe féminin, née au mitan du XXème siècle à Paris, économiste de formation, professeur, vit depuis trente ans en écrivant des romans. Fond de tempérament mélancolique et caractère joyeux et énergique, volontaire et tolérant, exigeant et indulgent.



Alice Chéron : Bonjour ! Je suis l’auteure du blog Ali di Firenze dédié à l’art de vivre italien et à mes voyages dans la botte. Je suis également correspondante voyage en Italie pour des maisons d’édition Françaises et je collabore avec le magazine ELLE.ua.



Alice Bouton : Je m’appelle Alice, j’ai 12 ans et je vis à Paris.






Alice Setiey
 : J’ai 75 ans et suis médecin neurologue retraitée. Mon prénom Alice a été choisi car il était celui de ma grand-mère maternelle, sans lien avec le livre de Lewis Carroll.




Pour vous, qui est Alice de Alice au Pays des Merveilles
créée par Lewis Carroll ?


Alice Ferney : Une petite fille qui incarne l’esprit d’enfance : curiosité, rébellion, vivacité.

Alice Chéron : C’est un personnage qui interpelle autant les adultes que les enfants. D’un côté il y a ce personnage très bien éduquée, innocente et curieuse. De l’autre, c’est également la création d’un monde plus compliqué qu’il n’y paraît, fait de casse-têtes et de coups de folie.

Alice Bouton : Alice est une fille imaginaire et le personnage principal d’un livre inspiré par une petite fille qu’a connu l’auteur.

Alice Setiey : L’héroïne d’un livre que je n’ai jamais lu, mais j’ai vu le film de Disney, un conte de fées parmi d’autres.



Quel rapport entretenez-vous avec Alice au Pays des Merveilles ?


Alice Ferney : Pas de rapport. Le livre ne fait pas partie de ceux que je relis et contrairement à ce qu’on dit parfois je n’ai pas choisi le prénom Alice à cause de ce livre.

Alice Chéron : C’est un personnage dont on m’a parlé toute ma vie, même à 33 ans aujourd’hui ! Il n’est pas rare qu’on mentionne le titre du livre dès que je me présente, que ce soit en France ou bien en Italie où je vis depuis 7 ans (Alice nel paese delle meraviglie). Je crois que c’est un prénom qui évoque tout de suite quelque chose de gai et de positif.

Alice Bouton : Je suis attachée à Alice car comme elle, je peux m’évader dans le merveilleux et le fantastique.

Alice Setiey : Ce qui était magique pour moi, c’est que j’étais la seule Alice quand j’étais jeune. Si j’entendais appeler Alice, c’était toujours à moi que l’on s’adressait.


Ce livre a-t-il eu un impact sur votre vie ?


Alice Ferney : Aucun impact autre que l’admiration que l’on éprouve devant une œuvre unique qui ne peut être ni copiée ni refaite.

Alice Chéron : Un impact direct non, mais j’ai toujours aimé que mon prénom renvoie à des aventures extravagantes, à un personnage joyeux et spontané. Cela crée une chouette énergie dans un premier échange.

Alice Bouton : C’est le premier livre qui m’a rassurée car je n’étais pas la seule à faire des rêves étranges, drôles et fantastiques. Par contre, j’ai parfois été agacée qu’on me compare toujours à cette Alice quand je disais mon prénom. Il y a bien d’autres Alice célèbres, non ?

Alice Setiey : non


Êtes-vous une Alice à l’imaginaire aussi foisonnant

que l’héroïne littéraire ?

Alice Ferney : Hélas non ! Il y a beaucoup de réalisme et peu de magie ou de fantastique dans ma vision du monde et de la vie.

Alice Chéron : J’ai un vrai sens de l’imagination et il est sans aucun doute lié à l’importance des lectures durant ma jeunesse. On dit bien souvent que les scènes difficiles des livres ou dessins animés sont pensés pour faire réfléchir les enfants, et c’est totalement vrai. J’ai gardé des images très fortes de certains contes et certains sentiments de tristesse ou d’émerveillement liés aux lectures ne m’ont jamais quittée.

Alice Bouton : Oui, j’essaie souvent d’imaginer la suite des histoires que je lis.

Alice Setiey : Non, mais comme elle, j’aime rêver en dormant et poursuivre mes rêves ou cauchemars le plus loin possible.


Aimeriez-vous vivre dans un pays imaginaire ?



Alice Ferney : Demandé comme ça personne ne dirait non, on irait vers l’utopie, mais cependant comme c’est impossible je ne me dis pas : j’aimerais vivre dans un pays imaginaire.

Alice Chéron : Si c’est celui d’Alice qui m’est proposé, je ne suis pas sûre car certaines scènes du livre pourraient être plus proches du cauchemar que du rêve ... disons que ce ne sont pas des vacances et qu’Alice est mise à l’épreuve. Et puis si cela m’oblige à quitter l’Italie, absolument pas !

Alice Bouton : Oui, si je peux le contrôler un peu plus qu’Alice dans Alice au Pays des Merveilles.

Alice Setiey : Non


Êtes-vous nostalgique de l’enfance ? De votre enfance ?


Alice Ferney : Ah non, au contraire, je suis ravie d’avoir quitté ce moment de la vie où l’on croit, ou l’on obéit, où l’on ne comprend pas, où l’on ne s’appartient pas.

Alice Chéron : J’ai adoré mon enfance, l’éducation que j’ai reçue, les souvenirs partagés avec ma sœur. Mais je ne suis pas du tout nostalgique, je regarde devant et profite avant tout de ma vie au jour le jour.

Alice Bouton : Oui, car l’enfance est un moment où l’on croit que tout est possible. Et non, je ne suis pas nostalgique de mon enfance car en grandissant, je gagne de la liberté.

Alice Setiey : Non


Quelle est votre part de folie que vous souhaitez partager avec nous ?


Alice Ferney : Ma part de folie est un désespoir de la vie, il ne faut pas la partager !

Alice Chéron : Je suis une grande partisane du grain de folie ! Il n’y a rien de pire qu’un adulte qui éteint l’enfant qui est en lui, il faut savoir conserver ce petit grain de folie qui nous replonge tout de suite dans l’enfance. Mais sans la nostalgie, il s’agit plus de retrouver une sensation. Grimper aux arbres et y manger des cerises, visiter des châteaux médiévaux si cela nous faisait rêver petit, manger trois religieuses au chocolat comme ça, juste pour le plaisir de lécher ses doigts après.

Alice Bouton : C’est top secret. Mes petits grains, je les garde pour moi !

Alice Setiey : ??

Si vous deviez résumer Alice au Pays des Merveilles en trois mots
quels seraient-ils ?


Alice Ferney : Curiosité, surprise, peur, rêve.

Alice Chéron : Audace, car il en faut pour suivre un lapin en retard dans son terrier.
Aventure, impossible de s’ennuyer avec des histoires pareilles !
Amitiés, des rencontres improbables, mais des échanges qui nourrissent.

Alice Bouton : Rêve, aventures et fantaisie.

Alice Setiey : Un onirisme chatoyant et séduisant, rebelle aussi.


Ces trois mots trouvent-ils un sens dans votre vie ?


Alice Ferney : Oui, je me sens curieuse de tout, je n’aime pas les surprises, j’ai peur de souffrir et de mourir, je sais que la vie n’est pas un rêve et que le rêve pourtant nous parle de la vie.

Alice Chéron : Absolument. J’essaie de ne jamais me reposer sur mes lauriers, en repoussant mes limites, en m’inventant ma vie rêvée !

Alice Bouton : Oui, le rêve permet d’avancer, vivre des aventures permet de gagner du courage. La fantaisie, elle, permet d’imaginer, de créer un univers d’évasion.

Alice Setiey : Le caractère rebelle me convient.


Mille mercis !