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Nouveaux articles de presse sur la Bhagavadgîtâ

DNA
Poétique sagesse de la Bhagavadgîtâ

« Le savoir est ton arme. Tranche donc ce doute que l’ignorance a fait croître en ton coeur. » Dans cet immense territoire mythologique du Mahâbhârata, la grande épopée de l’hindouisme (probablement le plus grand poème jamais composé au monde), la Bhagavadgîtâ (Le Chant du Bienheureux) émerge comme l’élément clef.
« Elle constitue un épisode certes mineur par sa longueur (700 strophes sur les 100 000 que compte l’ensemble du récit), mais néanmoins le plus célèbre », indique Marc Ballanfat, docteur en histoire des religions, avant de rappeler qu’aucune oeuvre littéraire indienne n’avait autant été traduite que la Gîtâ dans le monde.Il en signe d’ailleurs la traduction dans cette luxueuse édition qui voit Diane de Selliers mettre le texte en résonance avec une centaine des plus belles miniatures et peintures indiennes allant du XIIIe au XIXe siècles. Une période très postérieure à l’éclosion de la Gîtâ, dont la datation voit d’ailleurs s’opposer les historiens : la “fourchette” envisagée irait du IIIe siècle avant Jésus-Christ au IVe de notre ère, mais selon l’indianiste Patrick Olivelle comme pour Marc Ballanfat, l’hypothèse des IIIe/II e siècles avant J.-C. demeure la plus probable.
« La Gîtâ n’est pas seulement ma Bible et mon Coran, elle est plus encore : elle est ma mère », disait Gandhi. Dans son introduction, Marc Ballanfat met en lumière la singularité d’un texte où s’entremêlent littérature épique, célébration du sacré et conduite de vie. Cette dernière se construit sur le détachement dans l’action. C’est à travers la figure du guerrier Arjuna, guidé par Krishna, avatara (incarnation terrestre) de Visnu, que se déploie une philosophie de l’ascèse, de l’action, de la connaissance et de la dévotion. Pour atteindre “la libération”, Arjuna doit apprendre à discipliner sa pensée ; « La langue sanscrite use d’un seul mot, forcément polysémique, pour exprimer ce nécessaire rapport de la pensée à sa maîtrise effective : yoga », explique Marc Ballanfat. Il signifie littéralement « attelage, union, jointure, jonction ». Et surtout, « yoga symbolise à lui seul la culture brahmanique de la conciliation, de l’unité et de l’effort. »
Mais au-delà de l’hindouisme, la Gîtâ recèle un double message universel : le respect de la non-violence et de l’égalité entre les humains. Rien d’étonnant, donc, à ce que Gandhi recommandait à ses fidèles de s’y référer constamment : « Qu’elle soit toujours votre guide et ami sur le chemin de la vie ». / Serge Hartmann


L’Éventail
La Bhagavadgîtâ illustrée

Passage le plus célèbre du Mahâbhârata, la grande épopée guerrière indienne, le "Chant du Bienheureux" est le texte fondateur de la philosophie et de l’enseignement du yoga. Il se trouve ici sublime par près de cent chefs-d’oeuvre de l’Inde classique éclairant sa compréhension.


La Croix
La Bhagavadgîtâ illustrée par la peinture indienne

Inséré dans un coffret sur lequel trône Visvarupa, le dieu omniforme qui contient l’univers, ce superbe livre, vaste comme un continent, nous convie au cœur de l’hindouisme à travers son texte le plus sacré, la Bhagavadgîtâ. Littéralement « Le Chant du bienheureux », il prend place au livre VI du Mahâbhârata, la grande épopée composée autour du IIe siècle avant notre ère, qui conte la guerre que se livrent deux grandes familles ennemies, les Kaurava et les Pandava. La Bhagavadgîtâ suspend le cours de ces guerres fratricides pour une pause philosophique. Arjuna, l’un des cinq frères Pandava, est confronté à un douloureux dilemme : en tant que guerrier, son devoir est de se battre, mais il refuse d’assassiner ses adversaires qui sont ses parents. Sous les traits d’un cocher, Krishna vient en aide au héros défaillant. Entre le dieu et le guerrier, un dialogue s’engage sur les valeurs du renoncement et de l’ascèse. Une centaine de miniatures indiennes provenant de prestigieuses collections en illustrent les passages clés et invitent à l’émerveillement par le raffinement d’un art sensuel où les couleurs flamboient. Chaque miniature est commentée, sa symbolique expliquée : le lecteur occidental peut ainsi accéder à la culture spirituelle et picturale de l’Inde à travers les dix-huit chants de ce poème fondateur, traduit et présenté par les plus grands spécialistes. / Laurence Péan


Le Parisien
Majestueux

La Bhagavadgîtâ ou « Chant du bienheureux », en sanskrit, est l’un des écrits fondamentaux de l’Inde, la base de sa spiritualité. Dix-huit chants la composent. Elle est ici illustrée par des merveilles d’art indien : or et couleurs vives, grands tableaux et portraits. Une splendeur. / Nedjma Van Egmond


Le Soir
La beauté de la Bhagavadgîtâ

Chaque année, la Belge Diane de Selliers édite à Paris un (très) bel ouvrage. Cette fois-ci, c’est la Bhagavadgîtâ illustrée par la peinture indienne. Ce qui rentre bien dans le propos de l’éditrice : la rencontre de la littérature et de l’art. C’est soigné à l’extrême. Les émissaires de la maison ont écumé les musées, bibliothèques et collections pour dégoter la plus belle iconographie possible. Un remarquable travail. La Baghavadgîtâ est le texte sacré de l’hindouisme. Il fait partie du Mahâbhârata, la grande épopée indienne, sans doute composée au IIe siècle avant notre ère. Dix-huit chants qui racontent le dialogue animé entre le guerrier Arjuna et Krishna, l’avatar divin. Krishna va guider Arjuna par un enseignement qui bouleversera sa vie. « Etre libre signifie alors pour Arjuna se détacher de ses désirs, abandonner l’illusion d’être l’auteur de ses actes, tout en continuant d’agir parce que le bien-être du monde en dépend », dit Marc Ballanfat dans son introduction. « Le texte prône donc la philosophie du renoncement, ajoute Clara de Brunier, de chez Diane de Selliers, mais en même temps il met aussi en garde contre l’excès de l’ascétisme, car il ne sert à rien de souffrir. » Les livres de Diane ds Selliers sont beaux. Ils sont chers aussi mais ils s’installent dans la durée. Ils ne vieillissent pas, on peut les reprendre dans la bibliothèque, sans se lasser. D’autant que cette épopée indienne est passionnante, comme le furent le Ramayana, la Divine Comédie, l’Enéide, les Métamorphoses, l’albumRimbaud et la vingtaine d’autres titres de la collection. Le pari de Diane de Selliers, au début de la création de sa maison d’édition, était : «Je ne ferai pas beaucoup de livres, mais ils seront travaillés. » Jusqu’à l’excellence, en effet. / Jean-Claude Vantroyen


Le Temps
"Le savoir est ton arme", dit Krishna. Les Éditions Diane de Selliers illustrent la Bhagavadgîtâ par la peinture indienne
« La Gîta n’est pas seulement ma Bible et mon Coran, elle est plus encore : elle est ma mère. Qu’elle vous soit une mine de diamants, comme elle l’a été pour moi. Qu’elle soit toujours votre guide sur le chemin de la vie. »
Krishna, le bienheureux.
C’est par ces mots que Gandhi a célébré la Bhagavadgîtâ, un joyau que les Editions Diane de Selliers viennent de publier avec une iconographie éblouissante - une centaine de chefs-d’oeuvre de la peinture indienne, qui éclairent la lecture et la compréhension du texte.
Passage le plus célèbre du Mahâbhârata, la Bhagavadgîtâ a sans doute été composée au deuxième siècle avant notre ère, sous forme d’une longue saga guerrière où l’épopée se mêle sans cesse au sacré : dix-huit chants qui, au fil des époques, n’ont cessé d’irriguer la pensée, la culture et la spiritualité de l’Inde. C’est grâce à ces récits que le yoga a été popularisé sur cette terre, des histoires qui sont autant d’invitations à la méditation, seul chemin conduisant à la quiétude, à l’harmonie intérieure et à la libération de l’âme.
Quant à l’histoire qu’on y découvre, elle se déploie en un long dialogue entre Arjuna - soldat déchiré à l’idée de prendre part à une bataille fratricide entre deux familles ennemies - et Krishna, « le bienheureux » qui lui enseigne qu’il doit obéir à la nécessité de la guerre tout en pratiquant le détachement et l’apaisement de son esprit, les vertus suprêmes.
« Maîtriser ses sens, c’est atteindre pleinement l’état de sagesse. Le savoir est ton arme, Tranche donc ce doute que l’ignorance a fait croître en ton cœur», professe la Bhagavadgîtâ, accompagnée d’une préface lumineuse de son traducteur, Marc Ballanfat, qui nous initie aux fondements philosophiques d’un des textes indiens les plus lus au monde.
Une exaltation de la sérénité, dont l’Occident n’a cessé de s’inspirer à son tour, de Goethe à Hegel, de Tolstoï à Simone Weil. / André Clavel


Le Vif / L’Express
Art et Krishna

A l’aube d’une gigantesque guerre fratricide opposant le clan des Pandava à celui des Kaurava, le guerrier Arjuna s’en remit à Krishna, lui confiant ses doutes à l’idée d’affronter des membres de sa propre caste. En guise de réponse, le dieu-cocher lui montrera la voie de l’ascèse et du renoncement, à travers l’enseignement du karmayoga, « le détachement dans l’action », et ce dialogue mystique constitue l’un des grands textes spirituels de l’hindouisme : la Bhagavadgîtâ (« Chant du bienheureux » en sanskrit), vraisemblablement rédigée entre le Ve et le IIe siècle avant Jésus-Christ. Jamais auparavant, ni en Inde, ni ailleurs, ce texte n’avait été illustré in extenso, mais après plus de deux ans de travail et de recherches, c’est désormais chose faite avec cet épais volume relié pleine toile de 24,5 sur 33 cm, livré sous coffret également illustré. Véritable défi iconographique, cette épopée en dix-huit chants offre un aperçu éminemment coloré de la sagesse et la philosophie du yoga en nonante-deux miniatures et peintures indiennes du début du XVIe à la fin du XIXe siècle. Une oeuvre fondatrice à découvrir dans une version exceptionnelle à plus d’un titre. / M.N.


Lire
La Bhagavadgîtâ

Il y a d’abord le texte de la Bhagavadgîtâ, le « Chant du Bienheureux », traduit du sanscrit par Marc Ballanfat. Un poème central dans la pensée hindouiste, tout à la fois épique et sacré, et qui relate le dialogue entre le dieu Krishna et le valeureux guerrier Arjuna. Ce dernier, réticent au combat avant une bataille où tant de ses compagnons devraient périr, s’interroge sur la signification de l’existence et la morale de l’action. Krishna, avatar du dieu Vishnou, l’instruit alors sur la réincarnation et la discipline des sens et de l’esprit... Cet extrait crucial du Mahâbhârata reste aujourd’hui l’oeuvre littéraire indienne la plus traduite dans le monde, la plus commentée - la plus illustrée aussi. Et c’est là tout le mérite de ce somptueux ouvrage, qui réunit en ses pages une petite centaine de miniatures issues de collections du monde entier qui témoignent de la flamboyance de l’art pictural indien. Un texte majeur de l’histoire littéraire, qui invite au détachement et à la sérénité. / Julien Bisson


L’Œil
Le Chant du Bienheureux

Texte sacré. La Bhagavadgîtâ, ou « chant du Bienheureux », est le texte le plus sacré des hindouistes. Intégrés au poème épique du Mahâbhârata, ses dix-huit chants évoquent l’enseignement brahmanique de la conquête de soi, des valeurs du renoncement et de l’ascèse dans l’action. Ces notions abstraites n’ont pas été littéralement mises en images par les artistes indiens, mais leur pensée diffuse dans nombre de représentations anciennes. Les éditions Diane de Selliers ont cherché dans de nombreuses collections les enluminures pour venir souligner le plus justement ces « yogas » (enseignements). / P. M.


Télérama
La Bhagavadgîtâ illustrée par la peinture indienne

A ceux qu’ennuie un art occidental ethnocentré et marchand, conseillons le dépaysement, la méditation et pourquoi pas la sagesse que devrait leur procurer cette bouleversante Bhagavadgîtâ, illustrée de somptueuses miniatures indiennes du XVIe au XIXe siècle. Des images dansantes et colorées, épiques et minimalistes, qui témoignent à merveille de cet écrit essentiel de la spiritualité indienne. Au cœur de la fabuleuse épopée guerrière fondatrice de l’Inde et de l’hindouisme - le Mahâbhârata que nous révéla au théâtre Peter Brook en 1985 -, la Bhagavadgîtâ conte en dix-huit chants (très simplement traduits par Marc Ballanfat) comment la discipline de la pensée, la maîtrise des sens et des émotions peuvent conduire à la libération intérieure, soit la réconciliation avec soi-même et le monde. Contempler longuement ces sublimes images est un autre chemin possible.


La Tribune de Genève
Une édition inédite et précieuse de la « Bhagavadgîtâ », texte fondateur de la philosophie indienne, paraît pour Noël

Gandhi disait d’elle : « La Gîta n’est pas seulement ma Bible et mon Coran, elle est plus encore : ma mère.» Ni femme, ni déesse, ni créature céleste, la Bhagavadgîtâ est une histoire. Mais évidemment, pas n’importe quelle histoire. Elle est le Chant du Bienheureux (ou Chant du Seigneur), un guide spirituel et philosophique indien qui aide chacun de ses lecteurs dans la recherche de l’accomplissement de soi.
Le fameux « lâcher prise » - devenu aujourd’hui une indigeste tarte à la crème exploitée par tous les charlatans du développement personnel - plonge ses plus nobles racines dans la Gîtâ, qui sert aussi de base à l’enseignement du yoga. Et l’on peut faire confiance au mahatma : son livre de chevet est une source vivifiante, fécondante, inaltérable et atemporelle.
D’où l’intérêt de se référer au texte original, à la fois épique, sacré et poétique. Les Editions Diane de Selliers proposent en cette fin d’année une présentation particulièrement riche de la Bhagavadgîtâ dans sa version intégrale, luxueusement enluminée par 92 miniatures et peintures indiennes datant du XVIe au XIXe siècle.
Une entreprise éditoriale ambitieuse, car jamais ce récit n’a été illustré complètement. Les artistes indiens se sont en effet concentrés sur certaines scènes. Pour figurer les autres, le responsable iconographique de l’ouvrage, Amina Taha-Hussein Okada, a en quelque sorte extrapolé, après avoir ingéré subtilement la parole spirituelle du récit et les concepts philosophiques qu’elle véhicule.
Les fondements de l’hindouisme
Le poème épique, composé de dix-huit chants, forme la partie centrale de la saga guerrière nommée le Mahâbhârata. Et il en est sans doute l’épisode le plus connu. Sa rédaction remonte à une période s’étendant, suivant les experts, entre le Ve et le IIe siècle av. J.-C. Le Mahâbhârata et plus spécialement la Bhagavadgîtâ sont considérés comme les textes fondateurs de la philosophie hindouiste.La version intégrale de l’épopée publiée par Diane de Selliers a été traduite par Marc Ballanfat. Cet agrégé en philosophie et docteur en histoire des religions est à l’origine d’une traduction de la Gîtâ, parue chez Garnier-Flammarion en 2007, qui fait autorité aujourd’hui. Marc Ballanfat a enrichi et affiné ici son propre travail sur le texte.
Quant aux illustrations, superbes, elles sont autant d’incises qui à la fois éclairent l’histoire, l’enjolivent et en rendent la lecture très agréable, à la manière des enluminures médiévales. Elles ont été sélectionnées par Amina Taha-Hussein Okada, conservateur en charge de l’Inde au Musée français des arts asiatiques-Guimet à Paris, et sont commentées par lui. Un complément indispensable pour le lecteur occidental qui n’est pas un familier de la Gîtâ, car les épisodes des aventures du guerrier Arjuna nécessitent quelques explications.
« Le détachement dans l’action »
La Bhagavadgîtâ, c’est l’histoire d’un dilemme. A la veille d’une gigantesque bataille qui promet d’être fratricide puisqu’elle oppose deux clans d’une même famille - les Pandava et les Kaurava, issus du même aïeul, le roi Kuru - Arjuna se refuse à combattre. Il est frappé d’impuissance : « Lâchant arc et flèches, il se laissa choir, terrasse de chagrin, à l’arrière de son char », relate le chant initial de la Gîtâ. Doit-il massacrer impunément ses cousins? Ce guerrier exemplaire ne sait comment s’en sortir: « Oh si je pouvais périr dans la bataille, sans opposer de résistance, sous les coups de mes ennemis! Rien ne me serait plus doux », se lamente-t-il.La Gîtâ raconte comment Arjuna parvient finalement à dénouer cette version indienne du nœud gordien, aidé de son cocher, qui n’est autre que Krishna, une incarnation du dieu Vishnou. En marge du champ de bataille, héros et divinité conversent. La Gîtâ rapporte leur dialogue. Krishna enseigne à Arjuna l’art difficile de l’action militaire sans pulsion de colère ni de destruction, sans fierté dans la victoire ni chagrin dans la défaite. Il l’initie aussi à la pratique de l’ascèse. « Etre libre signifie alors pour Arjuna se détacher de ses désirs, abandonner l’illusion d’être l’auteur de ses actes, tout en continuant d’agir parce que le bien-être du monde en dépend », résume Marc Ballanfat.
« L’Occident est fasciné par cet enseignement, appelé karmayoga, « le détachement dans l’action », qui prône de discipliner sa pensée pour parvenir à la maîtrise des sens et des émotions, et ainsi accéder à la libération intérieure », relève Diane de Selliers dans sa préface de la Bhagavadgîtâ. Le karmayoga conduit l’homme à la conscience de soi et du monde qui l’entoure, à la réconciliation entre ces deux pôles. En découle pour l’initié la paix de l’esprit et du corps. Ce que l’on ne peut changer, il convient en substance de l’accepter avec sérénité. Et l’éditrice de citer un immense admirateur de la Gîtâ, Carl Gustav Jung et son Livre rouge : « Qui regarde à l’extérieur rêve. Qui regarde à l’intérieur s’éveille. »
Egrainer l’une après l’autre les miniatures et les peintures présentées dans cette édition de la Gîtâ, c’est faire l’un et l’autre à la fois : regarder à l’extérieur et à l’intérieur, rêver et s’éveiller. « Ainsi, guidé par le regard visionnaire des peintres, le lecteur de la Bhagavadgîtâ sera-t-il en mesure d’associer, aux vers fulgurants du poème, les saisissantes et troublantes visions d’artistes inspirés », propose Amina Taha-Hussein Okada, qui loue « la flamboyance de l’art pictural indien épris d’or et de couleurs (...), un art sensuel, chaleureux, où la polychromie domine ».
L’ouvrage est assorti de deux préfaces éclairantes, rédigées respectivement par Marc Ballanfat et par Amina Taha-Hussein, et d’une postface dans laquelle le traducteur propose à son lecteur cinq aphorismes à méditer comme: « II se voit en tous les êtres et voit tous les êtres en soi » ou « Je suis le goût de l’eau ». Un livre édifiant et subjuguant par la beauté rare de ses illustrations. / Pascale Zimmermann


Vanity Fair
Pour votre belle-mère végane

Elle a arrête de manger de la viande. Du gluten. Des produits laitiers. De manger tout court. Elle salue le soleil trois fois par jour, porte un bindi parce que c’est joli. Pour éclairer un peu son karma, rien de tel que cette magnifique édition de la Bhagavadgîtâ (Diane de Selliers), texte fondateur de la philosophie du yoga illustré par une centaine de miniatures et de peintures indiennes.
A offrir en citant Gandhi « Que la Gîta vous soit une mine de diamants, comme elle l’a été pour moi. » / Élisabeth Philippe


Le Figaro
Diane de Selliers, le mot et l’image

Elle n’a pas besoin de postuler au job de ses rêves, elle l’a créé. Diane de Selliers a lancé, en 1981, la maison d’édition qui porte son nom. Elle ne publie qu’un livre par an. Mais autant prévenir tout de suite : c’est énormément de travail. On n’oserait parler de labeur car le domaine dans lequel elle exerce est le livre d’art. Au sein de la république des lettres, Diane de Selliers est un nom qui symbolise l’exigence, la beauté mais aussi le prix élevé. Gomme une griffe de luxe - la maison est d’ailleurs membre du comité Colbert, association qui rassemble et promeut l’industrie française du luxe dans le monde. La femme qui a fondé cette entreprise, toute de classe et d’élégance, parle de son métier comme n’importe quel artisan. Son métier, pas forcément facile de le définir. On dit souvent « beaux livres » pour caractériser ces ouvrages grand format et chers qui contiennent (beaucoup) d’images et (peu) de texte. Pour l’éditrice, il vaut mieux parler de livres d’art. Les éditions Diane de Selliers sont spécialisées dans les grands textes de littérature illustrés par les plus grands peintres. Elle souligne que son métier consiste à « imaginer des passer elles entre le mot et l’image », à « prendre le temps de réaliser des ouvrages qui résistent au temps ». À l’entendre, on comprend mieux : ne publier qu’un livre par an n’est pas une question de confort, c’est nécessaire. La recherche iconographique, la documentation, imaginer les illustrations qui pourraient coller aux textes, le souci de qualité, l’exigence... Les ouvrages de Diane de Selliers nécessitent entre trois et douze années de gestation. Un luxe ? « Oui, mais au sens positif du terme, c’est-à-dire ce qui ne semble pas indispensable au quotidien, mais qui le rend beaucoup plus beau, qui le nourrit », répond-elle avec le sourire. Et d’appuyer : « C’est le luxe de prendre le temps de bien faire les choses, d’aller jusqu’au bout pour être au plus près de l’excellence, d’offrir à mes lecteurs ce que j’estime de plus abouti en termes de contenu, d’esthétique et de qualité. » Elle ajoute : «Je ne sors un livre que si j’ai quelque chose à dire, quelque chose à montrer, et un bonheur à le défendre. »
Il est beaucoup question d’esthétique, bien sûr. Pour définir sa maison, elle dit joliment qu’elle s’attache à la beauté, à la profondeur des textes... « Et à tout ce qui nous constitue, nos racines culturelles et artistiques. Je suis persuadée que la culture sauvera le monde ! »
Cette femme née en Belgique a démarré tôt dans cette activité singulière. Après des études de journalisme à l’Université libre de Bruxelles, elle voulait s’orienter vers la critique littéraire et artistique... Mais la rencontre avec son futur mari, un Parisien, la pousse à trouver une activité en France. Elle commence aux Éditions Tchou, puis, très vite, crée sa propre marque tout en travaillant dans le livre illustré pour Hatier, durant trois ans, puis Duculot pendant six ans. 1996 est un tournant : les Éditions Duculot, maison dans laquelle elle avait sa propre collection, sont vendues. Diane de Selliers décide de s’envoler de ses propres ailes.
« Une sorte de chapelle Sixtine de l’édition»
« Le hasard a toujours été mon moteur essentiel. C’est-à-dire que je crois que les idées sont dans l’air et elles arrivent au moment où vous en avez besoin, il faut les voir et les saisir. » Bien sûr, il faut beaucoup de travail pour savoir saisir les opportunités qui se présentent. En 1992, les Fables de Jean de la Fontaine illustrées par Jean-Baptiste Oudry est le premier ouvrage signé Diane de Selliers. L’accueil est enthousiaste. En 1996, un nouveau coup de maître avec La Divine Comédie qui réunit le texte de Dante et quatre-vingt-douze dessins inédits de Botticelli - pour cela, Diane de Selliers a réussi à obtenir les autorisations extrêmement rares de la Bibliothèque du Vatican et du cabinet royal des dessins et estampes de Berlin pour la reproduction des dessins. Quand elle parle de son travail et de ses livres, ses yeux pétillent. Que ce soit pour son dernier, Le Cantique des cantiques (sept lectures poétiques : hébreu, grec, latin, quatre traductions en langue française) ou Le Ramayana de Valmiki illustré de miniatures indiennes du XVIe au XIXe siècle, qui a failli couler l’entreprise (le volume était vendu 950 €). On peut citer L’Apocalypse de saint Jean illustrée par la tapisserie d’Angers ou Don Quichotte, illustré par Gérard Garouste.... Oui, tous ses livres sont beaux. Les Éditions Diane de Selliers sont fortes de près de trente « beaux » titres. En 2007, elle a lancé ce qui pourrait s’apparenter à une édition de poche, « La Petite Collection », qui réédite ses ouvrages. L’écrivain et académicien Marc Lambron a dit d’elle qu’elle a, peu à peu, édifié « une sorte de chapelle Sixtine de l’édition ». Aujourd’hui, elle prend du recul, elle a même déjà désigné celle qui lui succédera. Il faudra garder cet esprit : «Mon métier d’éditeur est celui de chef d’orchestre : créer une symphonie harmonieuse où tous les instruments s’accordent dans une unité de ton, de style et de sens. » / Mohammed Aissaoui