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La presse parle de la Bhagavadgîtâ

Le Monde des Religions

«La Gîta n’est pas seulement ma Bible et mon Coran, elle est plus encore : elle est ma mère», disait Gandhi de la Bhagavadgîtâ, le Chant du Bienheureux, trésor de la littérature sacrée indienne. Composée de dix-huit chants, elle constitue le cœur du Mahâbhârata, la grande épopée écrite sans doute autour du IIe siècle avant notre ère, et relate le dialogue crucial entre le guerrier Arjuna et son cocher, qui n’est autre que le dieu Krishna. À la veille d’une bataille fratricide, et alors qu’Arjuna se sent défaillir, Krishna va le guider en lui livrant un enseignement qui fonde la spiritualité hindoue : apaisement de l’esprit, maîtrise des sens et philosophie du yoga sont à la source de la libération intérieure. Les Éditions Diane de Selliers nous offrent, comme à leur habitude, un ouvrage magistral : à la traduction poétique du texte réalisée par Marc Ballanfat, agrégé de philosophie, docteur en histoire des religions et professeur de philosophie indienne à l’université Paris 4-Sorbonne, répondent les splendides miniatures issues de prestigieuses collections internationales, sélectionnées et commentées par Amina Taha-Hussein Okada, conservateur général du musée national des Arts asiatiques-Guimet. Bien qu’issue d’une culture très éloignée de la nôtre, la Gîta a influencé de grands intellectuels modernes, de Goethe à Hegel, en passant par Simone Weil. Un écho qui n’a rien d’anodin, tant l’oeuvre résonne d’une étonnante modernité pour le lecteur occidental cheminant sur la voie de la sagesse. / Virginie Larousse


Point de vue

De toute beauté
«Que la Gîta vous soit une mine de diamants, comme elle l’a été pour moi, qu’elle soit toujours votre guide et ami sur le chemin de la vie », écrivait Gandhi de ce texte fondateur qui signifie littéralement « Le chant du bienheureux ».
L’éditrice Diane de Selliers s’est intéressée a ce chant sacre de l’hindouisme qui appartient au Mahabharata, récit d’une guerre fratricide entre deux familles parentes et farouchement ennemies Probablement écrite au deuxième siècle avant notre ère, la Gîta, partie la plus célèbre de cette colossale épopée, raconte le dialogue entre le guerrier Arjuna et le dieu Krishna qui va aider le jeune homme a dominer ses désirs pour atteindre la liberté Diane de Selliers adjoint a ce texte cent reproductions de magnifiques miniatures de l’art classique indien et la passionnante exégèse de Marc Ballanfat, agrège de philosophie, docteur en histoire des religions, et traducteur du texte sanskrit La Gîta fait partie de ces lectures qui peuvent changer une vie... R.L.


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Pour la première fois, les 18 chants de la Bhagavad-Gita (« chant du Bienheureux » ou « chant du Seigneur » en sanscrit), qui se trouvent au cœur du poème épique Mahabharata, sont intégralement publics dans une édition flamboyante, illustrés par 100 miniatures indiennes. Ce texte sacré de l’hindouisme, sur la maîtrise des sens et la pleine conscience de soi, s’arrime autour du dialogue entre Krishna le bienheureux et Arjuna, valeureux guerrier en proie au doute avant une bataille. Le récit, qui daterait du IIe siècle axant notre ère a inspiré notamment Goethe, Hegel, Gandhi ou Simone Weil. / H. L.


Paris Normandie

Sur des chemins de sagesse
"Texte sacré de l’hindouisme, porte d’accès à la méditation, au yoga et à la maîtrise des sens, la Bhagavadgita est pour la première fois éditée dans une version entièrement illustrée par des trésors de la peinture indienne sélectionnés par la conservatrice du musée Guimet. Le fruit d’un vrai challenge pour l’éditrice Diane de Selliers."
En quoi la Bhagavadgita est-elle un texte fondateur ?
Diane de Selliers : « Elle l’est parce qu’elle a une philosophie de vie, de pensée, de comportement surtout, qui a un côté très universel, avec pour objectif d’aider l’individu à grandir dans une forme de rectitude de tous les instants, et dans tous les domaines. En cela, elle est vraiment fondamentale et elle nous parle énormément ».
Il s’agit donc d’un texte toujours très actuel ?
« Absolument ! Son contexte est le suivant : au cœur du Mahabharata qui est une grande épopée cosmique, la Bhagavadgita se déploie en dix-huit chants dans un dialogue animé entre le valeureux guerrier Arjuna et son cocher Krishna, qui est une incarnation du dieu Vishnu. Au seuil de la bataille, Arjuna hésite car il craint d’avoir à tuer des membres de sa famille engagés dans l’armée adverse. Krishna lui explique alors qu’étant un guerrier, son devoir est de livrer combat, au risque de tuer ses cousins, mais qu’il ne devra en tirer ni gloire en cas de succès, ni chagrin en cas de défaite. Il lui faut agir dans le détachement, sans pulsion de démence ni de destruction. Cela, on le retrouve tous les jours : que ce soit dans les affaires comme dans la vie personnelle, on met énormément de passion, énormément d’émotion, et on a des chagrins ou des joies immenses. Or, si on agit dans cette forme de détachement, dans le sentiment du devoir que l’on accomplit le mieux possible en fonction de ses qualités et de ses capacités, mais dont le résultat ne nous appartient pas, alors on vit beaucoup mieux ».
Comment sa publication s’inscrit-elle dans votre ligne éditoriale ?
« Elle y rentre totalement. Nous avons ne ligne éditoriale dans cette collection des grands textes de la littérature illustrés par les plus grands peintres, qui regroupe ce qui nous intéresse le plus : mythologie, épopées, textes révélateurs ou qui apportent véritablement quelque chose, ou encore religion. Nous avons publié la Divine comédie de Dante, la légende dorée de Jacques de Voragine, le Cantique des cantiques, et l’on se rend compte que la spiritualité est un domaine qui passionne ».
Comment sa lecture permet-elle de s’initier à la méditation et d’entrer dans la voie du yoga ?
« La Bhagavadgita est un texte rare qui introduit son lecteur dans une méditation sans qu’il en ait conscience, sans jamais lui enjoindre de méditer. C’est également ce texte qui a popularisé le yoga et qui a fait connaître le concept du renoncement. Lire ce texte est en soi une expérience méditative qui permet de pratiquer le yoga : au fil des versets, le lecteur parvient à trouver détachement et sérénité ».
Un mot sur le défi inédit qui a consisté à illustrer ce texte in extenso ?
« C’était en effet un défi, que nous avons relevé avec Amina Taha-Hussein Okada, conservateur général au musée national des arts asiatiques-Guimet qui s’est lancée dans l’aventure avec son enthousiasme habituel, ainsi qu’avec le traducteur de la Bhagavadgita, Marc Ballanfat, agrégé de philosophie et docteur en histoire des religions. Qu’avions-nous à notre disposition : les scènes de bataille et le dialogue Krishna-Arjuna. On ne pouvait pas faire un livre qu’avec ça ! Ensuite, il y a toutes les représentations de Vishnu en divinité multiforme. J’ai aussi voulu qu’on insiste sur tout ce qui concerne le yoga, l’ascèse, et la méditation. Enfin, nous avons cherché à expliquer par l’image des notions symboliques ».
Comment avez-vous travaillé avec Marc Ballanfat, qui signe un texte de présentation passionnant ?
« C’est lui qui a amené l’idée et j’ai eu un contact formidable avec lui parce que c’est un grand érudit et en même temps un homme extrêmement ouvert et accessible. D’une part il nous a aidés pour l’iconographie en nous présentant certains concepts philosophiques ou religieux que l’on pouvait illustrer d’une façon à laquelle nous n’avions pas pensé, et d’autre part nous lui avons demandé de simplifier certains aspects de sa traduction – notamment parce qu’Arjuna et Krishna ont dans le vocabulaire sanscrit une multitude de noms différents – afin de rendre le texte plus accessible. Enfin nous avons beaucoup travaillé avec lui sur les notes ».
Parlez-nous de l’institut Diane de Selliers pour la recherche en histoire de l’art…
« Il a été créé voici quelques années pour nous aider dans nos recherches sur de grands thèmes iconographiques, dont on s’est rendu compte qu’elles étaient très importantes en faisant nos livres. Par exemple la miniature indienne : j’ai passé douze ans à faire des recherches pour exhumer des manuscrits inconnus, et découvrir des images des collections privées à travers le monde. Ce travail colossal, qui vise à rendre la peinture plus accessible au grand public, coûte très cher. Nous avons donc voulu l’institutionnaliser et trouver des subsides qui nous permettaient, sur toute une série de thématiques, de mener ces recherches inédites. Il y a donc un accord entre la maison d’édition et l’institut, qui met à sa disposition le fruit de ces recherches. L’institut va également réaliser des fiches numériques pour les mettre à disposition des chercheurs, des lecteurs, sur des sites dédiés. Par exemple pour le Ramayana (N.D.L.R. : édition en sept volumes parue en 2011) on a extrait 700 peintures, on en avait récolté 5 000 ».
Vous annoncez un tirage de 4 000 exemplaires. Quel est votre public ?
« Nous avons un public de fidèles, qui suivent nos publications année après année. Ainsi qu’un lectorat spécifique par ouvrage, qui s’intéresse à un thème particulier et évidemment à l’art. Enfin, il y a tous ceux qui aiment offrir des livres d’exception. Et ils sont nombreux. »
Il est vrai que la méditation et le yoga sont aujourd’hui dans l’air du temps…
« Il y a dans toutes les cultures, dans toutes les civilisations, les religions, une réelle envie de nous développer, de nous grandir, de trouver la sérénité, d’aspirer à une forme d’humanité supérieure et c’est cela qui me fascine depuis vingt-cinq ans. La seule chose qui change, c’est la manière de les exprimer. Parfois elles sont menées à l’excès, parfois elles sont détournées, mais le fondement de cette attente est le même et je m’emploie dans mes livres à le mettre en valeur ». / Franck Boitelle


Le Populaire du Centre
La Bhagavadgita

"Spiritualité, sagesse et beauté de l’Inde. Diane de Selliers publie un somptueux volume sous coffret consacré au texte sacré de l’hindouisme, part du Mahabharata, la grande épopée guerrière indienne, composé vers le IIe siècle avant notre ère. Autour de 18 chants-dialogue entre le guerrier Arjuna et Krishna, simultanément cocher et avatar divin, le texte intégral est illustré de 100 miniatures et peintures indiennes du XVIe au XIXe siècles. Un texte fondateur de la philosophie et de l’enseignement du yoga."

Le Figaro Littéraire
Sagesse et volupté de la Bhagavadgîtâ

Aspirez-vous au non-désir, au renoncement ? Plus vulgairement, au « lâcher- prise » qui en est l’avatar germanopratin hâtif, entre métro et mobile. Descartes nous invitait à nous « rendre maîtres et possesseurs de la nature», ce qui n’était pas pour nous disposer au détachement suprême enseigne par Krishna dans la Bhagavadgîtâ. Ce texte indien s’inscrit au milieu du célèbre Mahabharata, récit épique de la bataille opposant deux clans de cousins, les Kaurava et les Pandava. Arjuna, un guerrier Pandava, hésite au seuil du combat où il devra tuer des membres de sa famille. Il interroge Krishna, son cocher, qui lui apporte des réponses souvent paradoxales. Le lecteur occidental s’attend que le divin Krishna détourne Arjuna de la guerre. Or il lui répond de la faire mais avec détachement ! Non, ce n’est pas du dandysme héroïque ni la promesse d’un combat chevaleresque pour la gloire et la beauté du geste.

« L’ascèse dans l’action »
Krishna distingue subtilement le non-agir de l’inaction. Chacun, par sa nature, pris dans l’enchaînement des causes, est contraint à l’action (voire à la guerre), mais il doit l’accomplir de façon paisible, sans en attendre un profit personnel et des fanfaronnades. C’est évidemment, pour le lecteur occidental, assez vertigineux. Car il nous faut abolir le «moi je», le «c’est à moi». Difficile Difficile ! Au pays des droits d’auteur, de moi-président, de l’autofiction et des lettres d’amour passionnées écrites par les vieux Sphinx à leur maîtresse secrète. Krishna déclare aussi qu’il n’y a dans la guerre «ni tué ni tueur». Si le corps meurt, le principe de l’être est éternel. Il ne nous reste plus qu’à pratiquer «l’ascèse dans l’action». Car le «lumineux» doit l’emporter sur le «passionnel» et le «ténébreux». C’est-à-dire sur toutes les pulsions romanesques. On a du boulot !

L’album est illustré de merveilleuses peintures indiennes. Ascètes sous leur banian proliférant, ou dans leur hutte de roseau (ma préférée, p. 93). Représentation foisonnante du Vishnu cosmique englobant tous les êtres de la création. Images sereines de Brahma sur son lotus. L’album des Editions Diane de Selliers nous offre traduction et commentaires minutieux de Marc Ballanfat. C’est un livre limpide, d’une beauté précieuse. Sa lecture vous remplira de sagesse mais aussi de volupté. / Philippe Grainville